Exposition de Michel Bayetto à L’Entresol [11 , rue Malte-Brun 75020, jusqu’au 9 juin]

— Texte de Emma Reel,

2 mai 2012, Paris

Il y a, dans les couleurs des pseudochromes de Michel Bayetto, aplats graciles, comme une promesse des délices de l’errance au plus près du langage de l’artiste. À moins, qu’il ne s’agisse d’un langage qui viendrait mettre l’abstraction en abyme pour mieux y soudoyer la corporéité, dans les expressions grimaçantes de visages tendus, qui vers le rire, qui vers la bite et l’objectif.

Non. Ces archétypes ne suffiront pas.

L’atelier de Michel est un des seuls qu’il m’ait été donné de visiter ces derniers mois. Un espace assez froid, qui donne sur le ciel gris entre deux bâtiments d’un quartier qui toujours me rappellera Hyber (t) Fabrice, mais aussi les crackers penchés, défigurés, sur des pochons crevés au pied des bancs, possibles criminels, avant tout symptômes du refus à appartenir au corps social, à moins qu’il s’agisse de souligner le paradoxe à y appartenir comme désordre même, comme désir absurde de s’y fondre tels des pantins spectaculaires, refoulés et refusés, exsangues.

La peinture de Michel est peut-être à saisir dans cette marge entre chien et loup. Ses couleurs semblent d’ailleurs toutes illustrer cette frontière incertaine entre figural et colorature, des barbarismes bienvenus pour un art qui refuse l’académie, qui refuse la mode, qui tient tout seul sur le chevalet dans la cour, noir, nuancé, telle la nappe de pétrole flottant que j’avais aperçu un jour à Londres, chez Saatchi, cette installation dérisoire aussi bien par son luxe conceptuel que sa splendeur, entre les tours d’un quartier londonien, glauque comme Londres sait faire, sans une respiration pour les femmes, jusque dans le pub où nous avions failli nous faire agressées, mon amie et moi, dans une époque lointaine où je savais et j’avais encore la force de lutter pour une certaine gynacratie, ce pas de côté envers le réel qu’on voudrait sans cesse nous faire voter, prise de position qui renvoie moins à un Kama-sutra menstruel qu’une nécessité envers la sanité – sanity. Nous écrivons et nous peignons des monstres, mais nous allons bien, merci. Et d’ailleurs nous n’avons pas besoin de vous.

Je n’ai jamais choisi les mots que j’aurais dû proposer pour accompagner cette exposition. Il y aurait eu marge, et peut-être, sucer. Il y aurait eu pinceau et clavier. Et, interlope, et pute, comme la doublure d’un beau manteau de fourrure trop voyant mais qui donne tant d’allure. Ce sont des mots que j’aurais voulu offrir à Michel, aussi, et des mots que je veux pouvoir tracer tous les jours sur tous les murs. Ce sont des mots qui ont accompagné ma volonté d’écrire, car je me souviens sans cesse d’Anne F. Garréta, qui dans une conférence avait cité Colette, pute de Lettres. Soyons putes, ça fait barrage contre les artifices, contre le factice, et contre la mort du désir. Ça fait Monstre, mais ce n’est pas un genre que je me donne, c’est le genre que je vous propose.

Monstre s’affiche, les partitions visuelles. Galerie de Roussan, 10, rue Jouye-Rouve, 75020 Paris. 10 mai — 16 juin 2012

MONSTRE s’affiche, les partitions visuelles

Du Jeudi 10 mai au Samedi 16 juin // May 10th to June 16th

Exposition en collaboration avec la galerie De Roussan

Commissaires d’exposition: Gilles Beaujard et Cyril Thomas

ARTISTES: Pierre Andreotti, Michel Bayetto, Sylvie Blocher, Béatrice Cussol, Nicolas Dhervillers, Clarisse Hahn, Christophe Huysman, Romain Pellas, Agnès Thurnauer

 AUTEURS: Wendy Delorme, Laurent Herrou, Nicolas Jalageas, Frédéric Junqua, Emma Reen, Milady Renoir & Matthieu Riboulet

Comment faire qu’une exposition soit en même temps un acte éditorial ?

Comment penser l’exposition comme une extension des pages de la revue ?

Pour répondre à ces deux interrogations, nous avons tenté de formuler une proposition construite sur un protocole. Partant du constat que dans la revue, nous n’exposions jamais une œuvre en tant que telle mais bien un fragment ou un recadrage ou un montage de plusieurs images, nous avons choisi de ne montrer aucune œuvre physique dans son intégralité. Chaque artiste a extrait un fragment visuel de sa production plastique pour ensuite la reproduire en tirage limité sur papier agréé digigraphie.

Puis les neufs artistes ont façonné chacun leur portfolio. Ce dernier présente l’ensemble de la série d’où est issue l’image reproduite ou présente le contexte dans lequel s’inscrit le fragment visuel. Enfin, chaque artiste a déposé un ou plusieurs éléments sur une clef usb. Les trois phases de ce protocole correspondent à trois phases éditoriales de Monstre.

La revue est également une collaboration avec des auteurs qui répondent à un thème proposé, à une problématique ou à un mot. Nous avons fourni aux auteurs une liste de mots clés qui correspondaient aux œuvres reproduites avec comme consigne pour les auteurs d’en utiliser un ou plusieurs pour rédiger leur texte. 

Ainsi les éléments visuels et textuels composent une partition à achever.

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To give an answer to these two interrogations, we try to formulate a protocol. Giving the idea that in the magazine only a part of an artwork is shown, we chose to show no entire physical artwork. Every artist extracted a part of the visual reproduction of his work to reproduce it on a limited artwork on digigraphy paper.

Then, the artists created a portfolio. It presents the entire series where the image is extracted from or explains the context of the visual extract.

Finally, every artist has uploaded one or several files on a USB stick. Those three stages correspond to the three editorial phases of Monstre magazine.

The magazine also collaborates with authors who give answers to a global theme or an issue or a word proposed by the editorial team. We have given a list of key words that corresponded to the limited artworks as instructions for the authors to use one or several words in their text.

The visual elements and texts make up a score to achieve.

PARUTION FIN AVRIL

PARUTION FIN AVRIL

1 month ago

WEEKEND un film de Andrew Haigh — 2011

LA REVUE MONSTRE S’AFFICHE : LES PARTITIONS VISUELLES.

À partir du 10 mai 2012, à la galerie De Roussan — 10 rue Jouye-Rouve 75020 Paris

— Commissaire d’exposition : Cyril Thomas

Comment réfléchir à une exposition qui soit également un acte d’édition ?

Une question presque banale comme fil conducteur d’une exposition qui n’en est pas
une, dans le sens où aucune œuvre physique n’est présentée.
Pour y répondre, Monstre ne réinvente pas un système d’exposition, la revue se contente d’une proposition pour penser l’espace de la galerie comme une extension tridimensionnelle de la revue papier. Il s’agit de passer des deux dimensions de la feuille imprimée à une nouvelle forme d’agencement dans l’espace. L’idée ne consiste pas simplement à accrocher des pages encadrées, mais bien à réfléchir aux multiples configurations possibles du rapport texte-image…

Un dispositif de monstration

Un texte d’un auteur, une image sérigraphiée, un portfolio de huit pages et une clef USB contenant des données (textes, images, sons ou autres) relatives au contexte de l’image.

Un protocole

Monstre a demandé à neuf artistes d’extraire une image d’une de leurs œuvres. Cette image peut être la représentation totale ou partielle d’une œuvre (photographie, peinture, vidéo, dessin) déjà existante et finalisée. Ensuite, ils élaborent un portfolio avec Gilles Beaujard, le directeur artistique de Monstre, et enregistrent des données sur leurs clés USB.

Monstre a demandé à certains auteurs d’écrire un texte à l’aide de quelques mots-clés qui découlent de l’analyse de l’image sérigraphiée.

Une proposition

Ce dispositif de monstration ne se veut pas linéaire. La proposition de Monstre ne repose pas sur une thématique qui se déploie dans la galerie. Les artistes sont regroupés par motifs iconographiques, par collusion de sens… Histoire de faire naître autant de récits que de pistes pour penser de nouvelles formes éditoriales.

Artistes envisagés:
Pierre Andréotti , Michel Bayetto, Sylvie Blocher,
Béatrice Cussol, Nicolas Dervillers, Clarisse Hahn,
Christophe Huysman, Romain Pellas, Agnès Thurnauer

PRINTEMPS DES ASSOCIATIONS LGBT

Monstre participera au salon des associations LGBT, le dimanche 1er avril de 14h à 20 h — Place Baudoyer, 75004 Paris — métro Hôtel de Ville

Très belle exposition au Wiels, à Bruxelles, sur l’artiste Polonaise ALINA SZAPOCZNIKOW (1926-1972), assez méconnue des historiens de l’art. On oublie le “déterminisme biographique” dont parle les commissaires et qui a produit quelques clichés dans lesquels est enfermé l’artiste, les camps, la maladie, l’exil, le ghetto… On tombe raide dingue des dessins à l’encre, puis des œuvres qui isolent des morceaux de corps ventre, yeux, lèvres comme autant de rappel à des figures du manque, des objets-prothèses.

L’utilisation de la résine aussi avec des tirages photographiques inclus dans les œuvres comme des tatouages à fleur de peau. L’artiste expérimentait dans son travail les nouveaux matériaux.

Pour vous faire une idée plus précise du travail d’Alina Szapocznikow deux sites:

http://www.mouvement.net/critiques-9a4a3abcb765fa64-hors-datteinte

http://le-beau-vice.blogspot.com/2011/09/alina-szapocznikow-un-corpus-qui-fait.html